Article de père Michel Henry
sur le sacrement des malades

Un curé demande à un gamin du catéchisme combien il y a de sacrements. Le gosse répond : « Il n’y en a plus. On a donné les derniers à mon grand-père il y a huit jours ».
Renseignement pris, son aïeul avait reçu avant de mourir l’extrême-onction et le viatique. De quoi s’agit-il au juste ?

« Onction » vient du verbe « oindre » qui signifie frotter d’huile (en général consacrée). Mais ce nom d’ « extrême-onction » n’a plus cours aujourd’hui. Il signifie qu’on demandait à un prêtre de marquer, surtout au front et aux mains, avec une huile spécifique, une personne en train de quitter ce monde. Le malade agonisant recevait alors cette onction « extrême », puisque c’était la dernière. On attendait souvent, à tort, que la personne ne soit plus consciente, pour ne pas l’effrayer, alors que ce sacrement n’était pas d’abord fait pour aider quelqu’un à passer dans l’autre monde mais à le soutenir, le réconforter dans l’épreuve de la grave maladie dont il pouvait heureusement guérir.

En d’autres termes, ce sacrement, appelé plus volontiers aujourd’hui sacrement des malades, ne doit pas être celui des mourants. Il peut même être reçu plusieurs fois par la même personne si celle-ci a connu successivement plusieurs maladies graves. Ce geste sacramentel repose sur un conseil de saint Jacques, au chapitre 5 de sa lettre, versets 13 à 16.

En revanche, si le malade vit réellement ses dernières heures ici-bas, on peut, s’il est encore en état de le recevoir, lui donner la communion eucharistique, appelée alors le « viatique », du nom latin via, le chemin, pour l’aider, cette fois, à faire son passage.

Les mots, les expressions se modifient au fur et à mesure que l’on explicite leur signification et que l’on en a une meilleure compréhension. Utilisons le bon mot pour chaque réalité. Ce sera plus clair pour tout le monde.
Père Michel HENRY