Les articles du Père Hygord Amédée

Le célibat consacré

Vous avez été appelés par Dieu : le Célibat Consacré en est le signe. Saint Paul ne dévalue pas le mariage, mais il montre comment le Célibat Consacré, tant combattu, peut être signe de disponibilité et de consécration au Seigneur.
Ce n’est pas soucieux de perfection personnelle, de disponibilité apostolique, que le consacré vit le célibat : c’est dans la joie des noces définitives qu’il l’accepte et le vit. Celui qui l’adopte vit comme celui qui se marie, mais d’une autre manière : c’est le mystère de l’Église-Épouse (1Co 7, 32-35).
N’oublions jamais que le célibat consacré est un don de Dieu. On ne peut pas obliger quelqu’un à le vivre.
C’est un Oui au Christ, Oui à son appel : « Veux-tu être mon disciple ? Veux-tu répondre à cet appel à la Sainteté que je t’adresse personnellement ? » Ce Oui, nous l’avons peut-être prononcé, devant un évêque lors d’une ordination ou devant un supérieur, lors des vœux religieux. Ce Oui, nous avons à le redire chaque jour dans notre prière... mais aussi dans des situations concrètes de la vie quotidienne.
Alors que les médias attaquent l’Église et ridiculisent la figure du prêtre, il est temps aujourd’hui de crier au monde que les prêtres, les religieux, les contemplatifs sont heureux d’avoir été choisis par le Christ pour annoncer la Bonne Nouvelle.
La chance du sacerdoce, c’est sa sainteté…, et c’est qu’il soit difficile. Nous y sommes ! N’allons pas baisser les bras parce que le fardeau est lourd. Dans l’Église, les crises ont toujours été le moment de la plus grande chance. N’allons pas démissionner parce que nous sommes persécutés par le monde ! Notre seule réponse est la sainteté de nos vies. Nous sommes saints, grâce aussi aux laïcs, si eux-mêmes vivent la sainteté ; car le monde désarmera face à la sainteté.
Soyons réalistes devant la pénurie des prêtres, mais n’écoutons pas les enquêteurs qui concluent à la faillite… ou bien, sans tarder, il nous faudra nommer un syndic pour la liquidation du catholicisme. Certains s’inquiètent de voir des séminaristes et des jeunes prêtres qui, d’après eux, se sécurisent par une "recherche identitaire".
Je suis témoin que ces jeunes nous sont donnés par le Seigneur, qu’ils ont, comme tout prêtre, des faiblesses et des limites, mais aussi qu’ils sont habités par la joie du don, par la générosité de l’apôtre, par le désir de la sainteté. Il est prophétique d’espérer des prêtres. Il est prophétique d’être prêtre à condition de le vivre saintement.

Avec tous les prêtres, j’ai envie de dire, que pas une fois, par un soir, je n’ai regretté d’avoir dit Oui au Seigneur. Alors pourquoi sommes-nous heureux ? Quel est notre secret ? Sans aucun doute, un certain Jésus qui est mort et ressuscité nous a entraînés avec Lui dans la folie de l’amour.
Prions donc pour les prêtres et les consacrés, afin d’être toujours des serviteurs ! Et qu’à l’image du Christ qui a lavé les pieds de ses apôtres, nous puissions accomplir fidèlement et humblement le ministère qu’Il nous a confié le jour de notre ordination !!!

Père Hygord AMÉDÉE (Notre Père n° 445 du 15 février 2015)


L’avent

Chaque temps liturgique est une grâce si nous entrons dans le mystère de ce que nous célébrons. L’Avent, comme le Carême, est un moment important pour nos vies spirituelles.
L’Avent, c’est le temps du désir, des annonces, des promesses, de l’attente du Christ. On ne peut que préparer son cœur à accueillir le Sauveur.
Si le Carême est le temps du renoncement et de la dépossession, l’Avent est celui de la croissance du désir, de l’espérance, la redécouverte de l’émerveillement.
Comment préparer son cœur pendant ce temps de l’Avent ? Aplanissons la route, c’est-à-dire renonçons à nous-même ; dépossédons-nous, pour permettre au Fils de Dieu d’établir sa demeure en nous. Jean-Baptiste comme Joseph, Marie, Isaïe qui sont les figures de l’Avent, peuvent nous y aider.
Jean-Baptiste, c’est d’abord le prophète qui n’a pas peur d’annoncer le message. Il sait que son apostolat est l’œuvre de l’Esprit. Jean-Baptiste a compris qu’il était la charnière entre les deux testaments et il sait comme tous les prophètes, qu’il sera jugé digne de mourir pour Dieu. C’est celui qui se reconnaît indigne, exemple pour nous d’humilité. Saint Jean-Baptiste nous apprend à aplanir la route de nos cœurs par l’humilité. Humilité nous reconnaissons que nous en avons besoin parce que besoin d’un Sauveur. Humilité, parce que nous reconnaissons que nos cœurs blessés ont besoin d’amour. Humilité, parce que nous vivons de cette espérance : " Vous qui attendez avec tant d’impatience la venue du jour de Dieu".
Jean Baptiste "proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés". Le point de départ de cette expérience est la prise de conscience de ma faiblesse, de ma maladie, de mon péché. Il y a un baptême dans et par l’eau seulement, c’est le baptême que donne Jean au-delà du Jourdain, pour préparer les voies du Messie.
Et il y a le baptême dans l’Esprit, que donne Jésus. Le baptême sacramentel qui est un baptême dans l’Esprit (Mt 28,19), dans et par l’eau. Nous le savons bien, nous ne pouvons pas confesser Jésus comme Christ sans l’Esprit.
Origène, père de l’Église du IIIème siècle, dit que la rencontre d’Élisabeth et de Marie est plus profondément celle du Christ et du Baptiste. Cette rencontre se vit dans l’Esprit Saint. En effet, ce n’est pas Marie qui salua Élisabeth, mais l’Esprit qui Jaillit du sein de la Vierge. "Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint". C’est l’Esprit qui pousse Élisabeth à reconnaître Jésus, le Fruit des entrailles de Marie, comme béni. Et Marie a répondu à la demande de l’ange dans l’Esprit.

Père Hygord AMEDEE (Notre Père n° 441 du 30 novembre 2014)


L’Eucharistie signe d’unité

Monseigneur Dubost nous a mis en route pour la mission urbaine « choisir la fraternité » qui culminera pendant l’année 2014-2015. Et j’en profite alors, pour méditer avec vous sur l’Eucharistie qui est signe de l’unité et de l’amour, éclairée par la parole de Dieu que nous lirons chaque dimanche.

Ce sacrement jaillit du cœur du Christ qui a tant aimé le monde.
Et le Père reçoit l’Amour du Fils, lui qui a envoyé dans le monde son Fils unique par amour pour les nations : réponse d’Amour à l’Amour donné. Dans le mystère pascal, le jeudi Saint est le moment de la décision ; le Fils s’offre totalement à son père pour le salut de tous les hommes : peuples, langues et nations.
En entrant dans l’acte eucharistique du Christ, nous entrons dans ce mouvement d’amour : L’Amour du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Ceux qui reçoivent l’Eucharistie sont unis plus étroitement au Christ.
Ainsi le Christ nous unit entre nous pour ne faire qu’un seul Corps qui est l’Église. C’est pourquoi l’Eucharistie fait l’Église. Nous comprenons alors pourquoi les divisions dans l’Église, dans nos communautés paroissiales sont douloureuses. En participant à l’Eucharistie, je m’engage à être artisan d’unité ; à vivre en vérité la communion. Cette communion est sans cesse menacée par le péché. Tous les pasteurs doivent faire avancer dans cette communion.

Il y aura toujours dans nos paroisses des tempéraments et des caractères différents et c’est une chance, si nous vivons dans la charité. Je veux rendre grâces pour toutes celles et tous ceux qui participent activement, avec beaucoup de générosité à la vie de l’Église. L’enracinement de ce don, c’est l’Eucharistie, source de l’Amour.

"La messe est à la fois inséparablement le mémorial sacrificiel, dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Christ". (CEC n° 1382).

L’Eucharistie est aussi notre banquet pascal. Notre Agneau est transpercé et aussi transfiguré. Ce chemin pascal, nous avons à le vivre et l’Eucharistie nous est donnée pour nous le faire vivre à la suite du Christ et comme le Christ.

Il s’agit de regarder l’amour entre le Père et le Fils. Le sommet de cet amour se situe au cœur de l’Eucharistie : le Fils se donne à nous sans compter. Il paraît donc important de faire le lien très étroit entre l’Eucharistie et la Trinité. Recevoir le Corps du Christ, c’est recevoir la Trinité, ou plus exactement, c’est faire augmenter en nous la Présence des trois personnes. Dès maintenant, nous recevons la vie immortelle ; nous croyons que le seigneur est là, présence réelle mais voilée, anticipation de la vision de gloire.

Que notre participation au sacrifice du Christ nous identifie avec son Cœur, pour que nous devenions toujours plus signe d’unité et de l’Amour de Dieu.

Père Hygord AMÉDÉE (Notre Père n° 439 du 2 novembre 2014)

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Page mise à jour le 2015-03-10 13:57:57