Les articles du Père Jean-Pierre Heidet

Pâques : Terre nouvelle et cieux nouveaux

Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort,
à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie !

Avec nos frères et sœurs de l’orthodoxie nous chanterons ce refrain ou d’autres qui expriment le cœur de notre foi, le cœur de notre appartenance au Christ, Premier-né d’entre les morts.
Elles sont nombreuses les voix qui entretiennent plutôt le doute que la foi, qui distillent le scepticisme et le silence coupable sur ce message essentiel de l’Évangile du Christ-Jésus.
Et pourtant la "croyance" en un "au-delà" ne date pas d’hier. Elle est pour ainsi dire générale dans toute les religions, même les plus primitives. Le témoignage en est que les hommes donnaient une sépulture digne à leurs semblables défunts.
Jésus, le Christ, est venu confirmer par son message et sa personne cette intuition, cet effort humain à percer le mur de la mort. Il est venu au devant de nous. Il nous a révélé non seulement la source de la vie, cette vie, cette existence dont tout le monde bénéficie, il est vrai avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de facilité. Il nous en a fait connaître la source qui est dans le projet du Père, impatient de se faire connaître de beaucoup de ses enfants. Et en même temps, Il nous révèle, il nous apprend que cet amour de notre Père des cieux est durable, et non pas seulement pour un temps. Qu’il est pour une vie sans fin, une vie éternelle.
La résurrection de Jésus montre combien le Fils Unique a été approuvé, appuyé par son Père. Si nous accueillons - en grande confiance - sa Parole faite chair, si nous écoutons et tâchons de traduire dans nos actes son commandement du double amour, nous sommes recréés peu à peu pour le Royaume.
La résurrection du Christ est pour aujourd’hui. Chaque jour se lever et recommencer !
La résurrection du Christ est pour demain. La vie, avec ses clartés admirables et ses ombres si douloureuses, la vie en général et notre vie en particulier, ne saurait être un "miracle inutile" mais une magnifique, une dramatique aventure qui prépare "une terre nouvelle et des cieux nouveaux". Comme Marie entourée des disciples de Jésus, attendons et accueillons l’Esprit-Saint qui nous mènera à la Vérité tout entière.

Père Jean-Pierre Heidet [Notre Père" n° 465 du 13 mars 2016


"Faire mémoire" pour mieux aller de l’avant.
Année jubilaire et année liturgique en compagnie de St Luc.

Heureuse coïncidence ! Providentielle conjonction !
Le 8 décembre 1965, se clôturait le Concile Vatican II. Il apportait un souffle nouveau. L’Église ne tournait plus le dos à nos frères juifs dans la foi mais se mettait à redécouvrir ses racines. L’Ancien Testament devenait le Premier Testament. Il n’était pas dépassé, révolu, mais il était plutôt le terreau dans lequel la Nouvelle Alliance avait pu prendre racine.
Les fidèles n’avaient plus besoin de traduction pour suivre la messe.
Le trésor des Saintes Écritures était ouvert plus largement. En témoignent les lectures bibliques des dimanches qui s’étalent sur trois années : A, B et C. Dans l’ordre les évangiles de Matthieu, Marc (et Jean) et Luc. Il y a eu aussi la refonte des rituels : baptême, mariages, funérailles chrétiennes. Une plus grande place accordée aux fidèles laïcs, la remise en honneur du ministère des diacres, la révision du Droit de l’Église (Droit canon) et du calendrier. La remise en avant du mystère du Christ. Et de la "collégialité" des évêques, autour du ministère de Pierre. N’oublions pas que le Premier Concile de Vatican I avait été interrompu par la guerre de 1870. Après le rappel de l’autorité de Pierre, il était resté comme incomplet.
Le Concile, nous n’avons pas fini de le vivre.
Pour que nous ne restions pas les yeux tournés vers le passé, le pape François nous invite à regarder le présent, et l’avenir. Car la miséricorde ouvre des chemins d’avenir. Et il se trouve que cette année jubilaire coïncide avec l’année liturgique Saint Luc. Cet évangéliste, en effet, a su souligner, d’une manière admirable, la miséricorde du Christ. Relisons, entre autre, le chapitre 15.
Fervente année liturgique ET jubilaire !

Père Jean-Pierre Heidet [Notre Père" n° 458 du 15 novembre 2015


Nous avons besoin de lieux de mémoire

Nous sommes amenés, que nous le voulions ou non, à être aux côtés de frères ou de sœurs ayant perdu un être cher. Amené à compatir à leur peine, à entrer, plus ou moins consciemment, dans le rôle du Bon Berger qui prends sur ses épaules la brebis blessée, qui dit à la femme de Naïm : « Ne pleure pas »... Dans nos communautés chrétiennes, des personnes ont accepté ce service de charité. Nous parlons donc de la « Pastorale des funérailles », de l’accueil des familles en deuil, des Equipes Espérance.
 
Auparavant le prêtre seul accueillait les familles lors d’un décès. A présent, ce service est assuré aussi par des fidèles laïcs. Ainsi, sur notre secteur, il existe une équipe ou des équipes, normalement sur chaque paroisse, qui accueillent les familles en deuils.
Des questions nouvelles se posent avec la mobilité des gens, la généralisation de la crémation et des idées nouvelles ( écologie, refus d’encombrer les survivants, volonté de maîtriser non seulement sa vie mais aussi sa … disparition )...

Aussi, en Equipe Pastorale de Secteur, lors de notre session de rentrée, avons-nous lu, et partagé autour du Guide pour la pastorale des funérailles, publié par notre évêque en 2009. Et cela nous l’avons aussi fait lors de notre rencontre des Equipes Espérance du secteur, le 3 octobre dernier. Accueillir les familles dans la peine et demandant la prière de l’Église apportent beaucoup à ceux et celles qui ont accepté ce service, tant au plan humain que chrétien. Il nous faut penser à proposer ce service à d’autres, l’équipe ayant besoin d’être élargie et consolidée, penser aussi à suivre la formation d’usage en vue de pouvoir conduire la prière au funérarium ou au crématorium.
 

En EPS, Documents Episcopat n°6 va nous aider à poursuivre cette réflexion. Dès à présent nous proposons une rencontre avec les Pompes Funèbres pour une meilleure collaboration, déjà bonne par ailleurs.

 

Cette année, le 2 novembre, jour de commémoration des fidèles défunts « tombe » un dimanche ! Puisse cette coïncidence favoriser les visites aux cimetières ( nous avons besoin de lieux de mémoire ! ), une réflexion mûrie sur ces sujets ô combien douloureux, et, bien sûr, la prière « avec et pour » les êtres chers qui nous ont précédés dans la Maison du Père !

De tout cœur avec les familles éprouvées.
 

Jean-Pierre Heidet
Et l’Equipe Espérance. (Notre Père n° 439 du 2 novembre et EPI de Novembre 2014)


Marie, Mère de l’Eglise

 « C’est le mois de Marie,
c’est le mois le plus beau !
 la Vierge chérie,
offrons un chant nouveau » !

En famille, j’ai chanté de bon cœur ce cantique de mon enfance ; cependant il faut y regarder à deux fois pour y trouver des racines bibliques.
C’est un fruit du Concile Vatican II d’enraciner le culte de la Vierge Marie dans les Saintes Ecritures. Parmi les 16 documents produits, il n’y a pas de déclaration particulière pour celle qui a donné le jour au Christ Jésus, comme certains l’auraient voulu ; mais elle a trouvé sa place dans l’exposé du mystère de l’Eglise. Sa place, son rôle dans le mystère du Christ et de l’Eglise font l’objet du dernier chapitre de la Constitution sur l’Eglise ( Lumen Gentium ). Marie en est comme le couronnement, la personnification, la Fille de Sion par excellence, la Jérusalem nouvelle.

Pendant ce mois de mai, où nous aimons prier avec plus de ferveur Marie la mère de Jésus qu’il nous a donnée comme notre Mère du ciel, notre mère dans l’ordre de la grâce, pourquoi ne pas relire ces quelques pages capables de nourrir notre dévotion envers elle ? Lorsque nous prions le chapelet, n’omettons pas d’évoquer, avant chaque dizaine, le passage de l’évangile correspondant aux différents mystères (joyeux, lumineux, douloureux, et glorieux) afin de pouvoir nous représenter - en imagination - la scène méditée. Enfin, prenons le temps de regarder d’un peu plus près les cantiques récents qui lui sont adressés pour y découvrir comment ils prennent racine dans les Saintes Ecritures et mieux les prier.

En signant, le 21 novembre 1964, la déclaration sur le Mystère de l’Eglise, le pape Paul VI, reprenant l’œuvre commencée par son prédécesseur Jean XXIII, s’est plu à souligner ce titre inédit à l’époque : « Marie, Mère de l’Eglise ».
En ce temps pascal, comme les disciples rassemblés autour de Marie dans l’attente de l’Esprit-Saint, murmurons ce « nom très saint et très doux de Marie, Mère de l’Eglise. »
Père Jean-Pierre Heidet. (Notre Père n° 432 du 18 mai 2014)

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Page mise à jour le 2016-03-21 19:25:01