Les articles du Père Joël Maltête

"Toussaint" ou "tous saints" ?

Généralement, nous comprenons la fête de la Toussaint comme étant la fête de tous les saints, sous-entendu les saints du Ciel. Alors, simplement, nous nous réjouissons que des personnes soient sanctifiées, comme ayant gagné la course, tout en pensant intérieurement que ce n’est pas pour nous … Oh, nous espérons bien aller au Ciel (comme on gagne à la loterie !), mais dans une classe à part, une seconde voire même une troisième classe ou pire, mais pas au milieu des saints, ces super-héros qui ont réussi l’examen de passage … Cette vision est loin d’être exact, et risque de limiter la puissance de Dieu, rien que ça !
Il est urgent aujourd’hui de nous convertir sérieusement : La fête de la Toussaint veut dire que "nous sommes tous saints". Oui, nous le sommes ! (1 Jn3,1) Ne pas le croire, ne pas être à cette hauteur, c’est pratiquement offenser Dieu, c’est Lui fermer la porte.
J’entends déjà venir le « Oui, mais … ». Ne laissez pas la place à ce « oui, mais … » qui vient du tentateur. Que votre oui soit oui, que votre non soit non.
1. Il n’y a pas d’étages au Ciel. Tous participent de la grâce de Dieu en Le louant et rendant grâce pour ses merveilles. Comme des sarments sur une vigne, nous ne sommes au Ciel que par la Volonté de Dieu.
2. Dieu n’est pas moins présent sur terre qu’au Ciel. Il est le Dieu du Ciel et de la terre, et il n’existe pas de lieu où Dieu n’est pas présent.
3. Penser que la sainteté est réservée aux autres, c’est de l’orgueil déguisé. C’est oublier que Dieu seul est saint, et que lui seul peut sanctifier (pas d’inquiétude, sanctifier, c’est dans son ADN !)
4. Aux yeux de Dieu, il n’y a pas de différence entre un saint et un pécheur. Un pécheur est un saint qui s’ignore. Un saint, c’est un pécheur qui croit en Dieu-le seul saint, et en sa volonté bienveillante.
5. La sainteté, c’est dire à Dieu : « j’accepte de laisser vivre en moi ta sainteté. Oui je crois ! Que Ta volonté soit faite en moi comme au Ciel. » (Comme nous le faisons en disant le Notre Père, ou en renouvelant les promesses de notre baptême)
Certes, l’exercice de l’édito oblige à simplifier et radicaliser le propos, mais si nous ne changeons pas de lunettes, nous fermerons nous-mêmes la porte à la sainteté de Dieu. Ne fermons pas notre coeur ! … au plus profond de nous, nous désirons Dieu, et Dieu nous désire.

Père Joël Maltête [Notre Père n° 494 du 29 octobre 2017]


Fête du Corps et du Sang du Christ

La solennité du Corps et du Sang du Christ, ou Fête-Dieu, fut célébrée pour la première fois à Liège en 1247. En 1208, une religieuse, Julienne de Mont-Cornillon eut une vision du Seigneur qui lui fit comprendre la nécessité d’une fête annuelle pour honorer le Sacrement de l’autel. En 1264, le pape Urbain IV instituait une nouvelle solennité qui devait être célébrée en l’honneur du Saint Sacrement le jeudi après l’octave de Pentecôte. (Dans les pays où le jeudi n’est pas chômé, aujourd’hui, la fête a lieu le dimanche après la fête de la Sainte Trinité). C’était la première fois qu’un pape imposait une fête nouvelle à toute l’Eglise d’Occident. Peu de temps avant, se mettait en place dans la messe l’élévation de l’hostie au cours de la consécration.

Cette fête vient confronter notre foi sur un point essentiel : la présence réelle de notre Seigneur Jésus-Christ dans l’eucharistie. Nous oublions trop souvent que toute l’Eglise se rassemble depuis 2000 ans, non pas pour faire un club de gens qui aiment bien se retrouver ensemble, mais pour rompre le pain, avec les Paroles même du Christ : « Ceci est mon Corps, livré pour vous ». Et le Christ, avant de le recevoir dans la communion, nous le contemplons dans le don qu’il nous fait de sa vie, et la Gloire qu’il rend à son Père et notre Père.
Benoit XVI disait : « Précisément parce qu’il s’agit d’une réalité mystérieuse qui dépasse notre compréhension, nous ne devons pas nous étonner si, aujourd’hui encore, de nombreuses personnes ont du mal à accepter la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Il ne peut en être autrement. Il en fut ainsi depuis le jour où, dans la synagogue de Capharnaüm, Jésus déclara publiquement être venu pour nous donner en nourriture sa chair et son sang (cf. Jn 6, 26-58). Ce langage apparut "dur" et de nombreuses personnes se retirèrent.
A l’époque, comme aujourd’hui, l’Eucharistie demeure "un signe de contradiction" et ne peut manquer de l’être, car un Dieu qui se fait chair et se sacrifie pour la vie du monde met en crise la sagesse des hommes. Mais avec une humble confiance, l’Eglise fait sienne la foi de Pierre et des autres Apôtres, et proclame avec eux, tout comme nous proclamons : "Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle" (Jn 6, 68). Dans cette solennité, à notre tour, renouvelons notre profession de foi dans le Christ vivant et présent dans l’Eucharistie. »

Bonne fête !
Père Joël Maltête[Notre Père n° 488 du 18 juin 2017]


Ma mission au SEM

Pour le dire simplement, le "Service Evangélique des Malades" est pour moi source de joies, mais aussi de douleurs …

Joies, car c’est la mission même du chrétien : aller vers l’autre, aller vers celui qui ne peut se déplacer, lui permettre de rester en communion avec toute la paroisse, avec qui nous faisons le lien.
Comment imaginer qu’une personne puisse être privée de sa communauté de vie, privée des sacrements, sous prétexte qu’elle est malade !

Douleurs, parce que, comme dit l’évangile : « Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt 9, 36-38)
Douleur d’apprendre en préparant des obsèques qu’une dame était un pilier de l’Eglise, et qu’une fois paralysée, elle est restée seule, sans soutien de sa paroisse, tombée dans l’oubli … ça fait mal !

Je vois aussi la nécessité qu’il y ait des relais, qu’une équipe entoure les prêtres, pour que tous nous ayons le souci de chacun, et que personne ne soit abandonné sur le chemin, comme dans la parabole du Samaritain (Lc 10, 30).

Pour moi, le SEM n’est pas un service à part, une case dans la paroisse, c’est vraiment le cœur de notre vie chrétienne, et nous ne pouvons l’ignorer.

Père Joël Maltête [Notre Père n° 482 du 19 février 2017]


Le sacrement des malades

Le 11 février, en mémoire de Notre-Dame de Lourdes, a lieu pour l’Eglise, la journée des malades. A cette occasion, il est proposé de recevoir l’onction des malades.

Une Onction des malades, pour qui ?
D’abord toute personne qui a une maladie grave et qui pourrait prochainement mourir. Le passage de la terre au Ciel n’est pas toujours simple, et nous avons bien besoin de cette proximité du Christ, qui a voulu prendre notre humanité jusqu’à souffrir et mourir sur une croix.
Mais aussi, les personnes qui voient leur santé se dégrader, celles et ceux dont leur état, atteint par la maladie physique, psychique ou par la vieillesse, entraine une situation difficile à vivre, et nécessite donc de nouvelles forces. Qui peut mieux que Jésus nous donner cette force de tenir debout dans notre épreuve !

Que faut-il faire ?
Signaler à l’avance votre demande à une personne de la paroisse ou directement au prêtre. Comme pour la communion au Corps du Christ, il vaut mieux être "en état" de recevoir cette Onction qui est un sacrement, donc, d’être libre de tout péché, et dans la volonté de vivre cette union à Dieu. Vous pouvez demander à vous confesser.
Le jour J, au cours de la messe dominicale, le prêtre fait l’imposition des mains sur le malade et lui fait l’onction avec de l’huile spécialement bénie par notre évêque, sur les mains et sur le front. Toute la communauté est invitée à prier pour le malade et nous rendons grâce à Dieu pour sa présence réconfortante.

Pour quels résultats ?
Les résultats, c’est Dieu qui s’en occupe ! Nous, nous ouvrons notre cœur, nous nous disposons à recevoir le Christ, nous disons : « Qu’il me soit fait selon ta Volonté. » Comme pour tout sacrement, notre foi doit être activée pour croire en cette présence et en cette puissance de Dieu. Dieu est là, cela me suffit. Il ne lâchera pas ma main. Si Dieu veut me guérir ou me faire sentir son réconfort, c’est à lui de voir … de notre coté, nous aurons fait notre pas : nous laisser faire !
Cette proposition de recevoir l’Onction des malades nous rappelle, qu’au milieu de nous, se trouvent des personnes dans la souffrance et l’épreuve. Toute la communauté est concernée, nous ne pouvons pas laisser certains des nôtres sur le bord de la route ! N’oublions pas qu’il y a dans l’Eglise, le SEM : "service évangélique des malades" : chacune et chacun d’entre nous peut entendre l’appel, à cette occasion, d’en faire partie et de soulager notre prochain, à l’image du Christ.
« Un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. » (Luc 10, 34)
Père . Joël Maltête [Notre Père n° 481 du 5 février 2017]


Toussaint

Comme chaque année … la fête de la Toussaint ! Nous connaissons nos classiques. Et pourtant …
La Toussaint est d’abord une identité et en même temps un appel.
Dans chaque fête, c’est la victoire du Christ qui est à l’œuvre.

Une identité : Oui, nous sommes tous saints. Il ne s’agit pas seulement du Ciel, ou de quelques personnes nommées par les papes ! Nous sommes tous saints ? Non, Dieu seul est saint, mais il a voulu nous prendre avec lui, nous embrasser, nous justifier, nous rendre justes, faire de nous ses enfants "Car tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi" (Ga 3,26). Dire que nous ne sommes pas des saints, c’est offenser Dieu dans son dessein bienveillant à notre égard !
D’ailleurs, st Paul s’adresse aux premiers chrétiens en les appelant "saints". Nous ne devons pas douter un seul instant de ce don gratuit de Dieu !

Un appel  : En même temps, nous voyons bien dans le monde et pour nous-mêmes, toutes les compromissions avec le péché, avec ce qui n’est pas saint, combien nous sommes encore loin de laisser libre cours à l’Esprit Saint en nous … quant à la foi, l’espérance et surtout la charité !

Alors, il faut relier les deux : Etre sûr et certain de son identité de saint, voulu par Dieu, et/ désirer, vouloir s’ajuster le plus possible à cette volonté bienveillante, en pensée, en parole, par action et sans omettre que nous ne ferons rien sans Lui, sans sa Sainteté. Nous sommes appelés par toute cette multitude déjà arrivée au Ciel, à vivre en premier notre dimension d’enfants de Dieu.

Appel à mener le bon combat, nous emparer dès aujourd’hui de la vie éternelle ! (1Th 6, 12)

Père Joël Maltete [Notre Père n° 476 du 30 ocyobre 2016]


Mais qu’est-ce que Jésus est venu faire sur la terre ?

Jésus a-t-il rétablit sur terre la paix et la justice, tel que nous l’entendons ? A-t-il libéré Israël du joug des romains ? Y a-t-il eu après la venue de Jésus moins de souffrances, de malades, d’affamés, de prisonniers ou de morts ? Jésus est-il venu sur terre pour apporter une nouvelle philosophie ou des principes moraux pour que nous vivions mieux ensemble ? Non, si nous regardons avec nos yeux humains, il se peut que nous ne voyons pas de changement dans le cours de l’Histoire. Certes, il y a eu une nouvelle religion, mais avec quels résultats ? La course à l’argent ou au pouvoir, les guerres, les injustices, les divisions nous invitent à beaucoup d’humilité. Pourtant, l’Écriture nous dit : « Aujourd’hui nous est né un Sauveur ! »
Alors, quel est ce don que Dieu veut nous faire en venant rejoindre et épouser notre humanité, prendre notre chair ? Jésus Christ, fils de Dieu, né dans une étable en compagnie de quelques animaux et bergers, est venu nous révéler et nous revêtir de notre véritable identité : par Lui, nous sommes enfants de Dieu, aimés de Dieu. Et nous avons bien besoin de de toute une vie pour découvrir cette identité, en choisissant de suivre Jésus, en laissant naître en nous toutes les forces de vie caractéristiques de cette nouvelle identité : foi, espérance, charité, confiance, joie, persévérance, fidélité, service, adoration du Dieu vivant.
Oui, malheureusement, le bonheur sur terre n’est pas souvent perceptible et encore moins complet, mais nous pouvons chanter haut et fort notre joie de la venue de Jésus dans notre humanité, de ce don fait à tous pour que nous vivions véritablement ce qui fait notre essence même : nous sommes nés de Dieu, aimés de Dieu et nous voulons demeurer dans cette grâce, allant vers la Maison de Dieu !
Que cette fête de la Nativité nous aide à entrer davantage dans ce que nous sommes réellement, même si les forces du Mal cherchent à nous faire croire le contraire.
Père Joël Maltête [Feuille de Secteur de Noël 2015]

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Page mise à jour le 2017-10-27 11:46:47