Les articles du Père Patrick ANABA

Rentrée 2021 : Le soin pastoral au cœur d’une année nouvelle Septembre 2021

Repartir de nos acquis précédents
Voici une nouvelle année pastorale qui se pointe et déjà nos têtes peuvent se trouver remplies de « tout ce qu’il y aura à faire… » Et si nous changions de perspective pour plutôt envisager « ce qu’il y aura à Vivre et à Être ». Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas d’abord de réinventer la poudre ou que sais-je encore ! Afin de faire différent… Non il est avant tout question pour nous, de capitaliser sur nos relectures de l’année écoulée pour monter d’un cran supplémentaire dans notre vie communautaire.

Susciter de nouvelles énergies et prendre soin des faiblissantes
Après donc deux années sous le coup de la pandémie du covid, années qui ont ache vées d’essorer nos équipes paroissiales et transverses (Kt, aumôneries, équipe funérailles, et catéchuménat, etc.), il est plus que temps pour nous, de re-susciter au cœur de nos paroisses, mouvements et services, des disciples du Seigneur qui veulent prendre soin de son corps.

Se projeter avec nos forces réelles et non pas fantasmées
Dans ces années de vaches maigres que nous traversons, il peut être tentant de vou loir tout résoudre, d’être sur tous les fronts. Mais gardons notre sang froid, et acceptons de voir nos pauvretés et d’agir avec ce que le Seigneur saura nous donner comme « pain quotidien » sans défaitisme et avec l’énergie que nous donne l’espérance en Christ, car c’est lui seul le maître de la moisson et le gardien de la maison.

Mobiliser de façon coordonnée nos différentes ressources pour un supplément d’âme

Il est donc important pour nous d’identifier de façon concrète les lieux où le Seigneur nous appelle cette année comme communauté afin d’y projeter de façon raisonnée les ressources qu’il nous donne pour sa plus grande gloire et le salut de notre environnement. Car rien ne sert de courir après milles et une illusions. Le risque étant de ne rien saisir sur la fin et d’en ressortir frustré. Ce n’est que lorsque nous aurons fait le point sur nos forces et faiblesses, que nous saurons habiter notre environnement, comme force de proposition pour la vie de nos contemporains, et que l’Evangile pourra résonner de façon audible aux oreilles de ceux qui nous demandent compte de l’espérance que nous portons en nous.

Les points d’appui de notre vie de secteur

Dès lors sur quoi devons-nous nous appuyer pour être cette force de proposition de l’Evangile ? Cela passera par un réinvestissement certes mesuré mais effectif de nos espaces d’échanges et de nos espaces festifs. Une réelle ré-habitation de la prière communautaire, un effort plus soutenu dans la formation de nos équipes voire un accompagnement quasi personnalisé et local. Savoir refaire mémoire entre nous et avec d’autres de ce qu’est la joie d’appartenir au Christ, la joie d’être associé à l’œuvre de Dieu active dans nos vies et celles de nos contemporains. Ce sont là des points d’appui qui nous aideront à rester focaliser sur les appels que le Seigneur nous lance collectivement et personnellement.

Tous sous la bannière du Seigneur pour le vivre et le partager
A la fin, comme dis l’Apôtre, Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection. Parce qu’il avait en vue la joie qui lui était réservée (Heb12,2). Avançons-nous donc confiant avec lui et par lui. Sûrs qu’il nous guidera en cette année pastorale commençante : « Gloire à lui dans l’Eglise et pour tout ce qu’il nous per mettra d’accomplir. Béni soit-il, lui le grand prêtre de notre foi qui la mène à sa perfection ».

Bon début d’année pastorale.

Père Patrick ANABA - septembre 2021

Tu es aussi le Chemin, la Vérité et la Vie

Le cri de la foi dit du fond des tripes, le point d’appui fondamental du pauvre qui croit, c’est la vie livrée d’un autre pauvre qui s’est écartelé pour nous révéler le cœur du Père.
Face à cette révélation, il nous reste deux attitudes :
ou persévérer dans l’indifférence,
ou choisir de nous laisser ébranler en notre cœur profond, qui jusqu’alors était bâti sur d’autres formes de certitudes. Mais voici que celles-ci achoppent à une question : continueras-tu à m’ignorer ? Ou alors toi aussi, veux-tu, comme moi, faire de ta propre vie, un espace de don et d’abandon ?
Cela, tu ne pourras le faire de toi-même, car ta poussière seule n’est point à la mesure de la grandeur à laquelle tu es appelé. Ton volontarisme stérile, à lui tout seul, ne te donnera pas le salut.
A ton orgueil qui veut s’élever jusqu’au soleil levant, voici que, pour toi, est déployé le lien d’amour qui t’unit par le seul amour à celui qui est ta source et ton terme.
Mais non, dis-tu, de cette miséricorde, je n’en veux point. Pour être digne, ne faut-il pas mériter le fruit de son labeur ? Pourquoi se prosterner devant l’agneau immolé pour vaincre ?
Pourquoi faire de lui mon inspiration, mon modèle et mon Dieu ? Dans ce monde où la violence et la vengeance sont de mise pour se faire craindre et respecter ?
Ô Jésus, quelle est donc cette nouvelle vie si crucifiante que tu me proposes comme chemin ? Pourquoi vouloir m’associer à ta grande œuvre de salut et d’intimité retrouvée avec notre Père ? Et de mon visage retrouvé ?
N’est-ce pas, d’abord, parce que tu es la seule porte ? La vraie porte des brebis du Père ? N’est-ce pas parce que, sans toi, nous ne pouvons rien faire ? Et que le sens profond de ta venue en ce monde est d’être pour nous le bon pasteur, le vrai berger, celui qui écoute, protège et conduit l’humanité révoltée et perdue vers la lumière puisque tu es aussi le Chemin, la Vérité et la Vie ?
Oui, c’est toute ta vie qui est une pro-existence, c’est-à-dire une vie avant le temps, une vie pour nous, une vie d’intercesseur devant le Père en offrande volontaire pour ceux que tu n’as pas honte d’appeler tes frères.

Père Patrick Nouma Anaba - 2 mai 2020

Lutter contre l’effondrement personnel et « collectif… »

Nous sommes arrivés à la semaine qui nous conduira aux célébrations pascales. Dans le même temps, nous traversons un moment plutôt déstabilisant, temps où notre être tout entier, censé être rénové en profondeur, est aux prises avec des forces importantes de déstructuration profonde. Celles-ci sont portées par des mouvements intérieurs et extérieurs. D’où l’urgence de reprendre la main sur nous même, afin de vivre cette Pâque de la façon la plus sereine possible, au cœur même de la détresse collective.
Pour ce faire, nous passerons en revue cinq instances fondatrices.
D’abord notre esprit. Face à la confusion mentale qui pourrait s’installer du fait de la perte de la dimension temporelle et des rythmes dont nous avons l’habitude, il est question de remettre en place une routine rassurante qui contribuera à fortifier notre esprit et à sécuriser notre vie intérieure pour permettre sa continuité par une conscience de plus en plus accrue de soi.
Mais notre corps n’est pas en reste dans ce combat avec nous-même. Face aux sollicitations de laisser-aller et de facilité, une certaine discipline physique s’impose pour nous rendre plus attentifs à cet accueil de notre intériorité. Elle se traduit aussi par l’écoute profonde de notre corps. C’est un appel à un recentrement : prendre soin de soi et écouter enfin ses besoins corporels, au-delà de tout activisme maladif et stérile. Ainsi, nous ne fuirons plus le dialogue intime avec nous-même. Il s’agit de ralentir pour unifier notre corps et notre esprit.
Mais comment mouvoir notre corps et affuter notre esprit, si notre volonté ne suit pas le mouvement ? Et si, au lieu d’être une aide, elle semble bouder et nous entraver ? Le défi, ici, passe dans le fait de faire de sa volonté une alliée dans cette reconquête de soi. Pour cela, il est nécessaire de prendre le temps de s’asseoir et de se regarder en vérité pour se poser la question du sens profond de ce qu’on veut faire. « Est-ce que cela a du sens pour moi ? », « Est-ce vital ou accessoire ? », « Le plaisir ressenti est-il le seul moteur qui me guide ? Ou bien la direction que je veux prendre est-elle pour moi et pour d’autres, porteuse de vie et de sens ? ». Ce travail intérieur appartient à chacun de nous. Et s’il n’est pas fait, nous n’aurons pas assez de force pour habiter notre corps et notre esprit.
Après ce travail de recentrement intérieur, la foi en l’autre est tout aussi importante. En termes de lien, de partage, de soutien fraternel, d’attention ouverte et patiente, de charité fraternelle, il s’agit de laisser son intériorité être fécondée par une autre parole que la nôtre. Le lien à l’autre nous rend plus humain. Cette étape est une sortie de soi, non pas pour se fuir mais pour mieux revenir et, à travers le miroir de l’autre, grandir en attention à la vie qui est à l’extérieur de nous, pour que grâce à la confrontation à celle-ci, je puisse apporter aussi ma pierre à la construction de l’espace commun, dans un esprit de pondération.
Le dernier élément qui encadre toute cette démarche, nous dirons même qui la fonde, est, bien sûr, notre foi en Dieu, source et terme de notre vie. Nous la placerons toujours au début, au cœur et à la fin de notre démarche personnelle. Comme un vérificateur, un fil d’Ariane, une toile de fond, qui à par l’intériorisation consciente et profonde de la parole de Dieu qui nourrit et soutient notre existence de l’intérieur, nous rend forts pour tenir debout afin de donner une autre issue à toute tentative d’effondrement intérieur et extérieur.

Je souhaite à tous une belle semaine sainte.

Père Patrick Anaba
4 avril 2020


Vie incorruptible, tu nous fais renaitre en toi…

Le Seigneur nous communiquera une part de lui-même. C’est lui qui viendra au-devant de nous pour nous hisser jusqu’ à lui. Dans sa générosité indicible, il nous ouvrira la participation à sa propre vie, à ce qu’il est profondément reviviscence inaltérable et incorruptible.

En ce moment de retraite forcée, où il arrive que dans notre quotidien, nous sommes dépouillés de ce qui fait traditionnellement nos repères (amitiés, sorties, quelques fois familles, etc.) Nous pouvons alors nous interroger sur la réalité de cette proximité vivifiante du Seigneur ; et de la force de son lien à nous, quand jour après jour, notre propre vie, et celles de nos proches est si fortement attaquée.

Où est-il donc, le Seigneur, quand l’angoisse tient au ventre toutes ces personnes qui parcourent les routes pour assurer la continuité de notre nourriture ? Et de notre sécurité ?

Où est-il dans la douleur des familles qui pleurent les leurs sans pouvoir leur dire au revoir ?

Où est-il quand le corps des soignants est aux prises avec ce micro-organisme qui s’insinue en nous pour s’attaquer à notre intégrité vitale et sociale ? Mais laissons Saint Paul nous redire notre espérance :

"Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous."

L’essentiel à vivre est donc dans un au-delà de notre chair. Il est avec notre chair, dans un principe plus élevé et plus fort que notre déchéance physique, et notre confinement du moment.

Cet Esprit que rien n’arrête, et dont Jésus est le porteur plénipotentiaire, c’est lui qui est à l’œuvre dans toute nouvelle naissance, même douloureuse. Invisible à nos yeux, mais bien réel, il opère en nous pour nous relier à ce qui fait notre essence au cœur de "nos morts" et de nos défaites du moment. Il nous entraine sur des chemins où nous ne serions jamais allés. Il nous ouvre à des horizons jamais soupçonnés, et nous révèle que nous n’avons pas encore tout déployé des trésors de grâce, que nos quotidiens trop bien orchestrés nous cachent à nous-mêmes.

Certes aujourd’hui, nous pleurons nos morts, nos libertés restreintes, nos projets enterrés. Mais dans le même temps, fragiles, mais plus vrais, naissent ou renaissent du fond de nous d’autres appels plus profonds, plus substantiels… Nous réapprenons à ne plus avoir peur de nous-mêmes, et de nos solitudes. En réinvestissant tout ce qui fait nos peurs, et nos pleurs nous réapprenons à écouter l’appel à renaître à quelque chose de neuf et de plus beau…

Ce monde nouveau dont nous sommes mystérieusement les artisans, comme votre pasteur, je le vis tout aussi confiné ; mais arrimé avec vous à la source de vie qu’est notre Seigneur. Cela se passe dans les célébrations quotidiennes personnelles de la sainte eucharistie, dans la recherche collégiale en équipe de prêtres, à la mise en oeuvre d’autres chemins pour communier ensemble à Jésus.(enregistrements de célébrations en ligne, écoute des familles endeuillées et accompagnement de celles-ci, soutien des personnes isolées par téléphone, une animation de blogs etc,.)
J’ai la ferme espérance que ces temps difficiles, traversés dans la foi sont pour nous un passage certes douloureux, mais aussi, un appel personnel et collectif à renaître.
Je vous embrasse tous dans le Seigneur. Prenez soin de vous.

Père Patrick Anaba
[Mars 2020]


Avec Jésus, victorieux du soupçon originel

Nous voici au début du carême de cette année 2020. Nouveau défi pour nous dans notre marche vers le Seigneur.
Comment allons nous y répondre ?
Laisserons- nous une fois de plus passer pour nous ce temps favorable pour creuser en nous la forme divine dont nous sommes le receptacle ?
Après avoir reçu les armes du mercredi des cendres pour entrer dans notre combat spirituel, c’est à dire :
- le jeûne (pour se centrer sur l’essentiel)
- l’aumône (pour pour ouvrir notre coeur à notre dimension relationnelle)
- la prière (afin de de nous recevoir de Dieu comme source et terme de notre vie)
laissons nous guider par Jésus dans ce champ de bataille qu’est notre vie entière, et regardons comment il répond à tout ce qui nous détourne de l’habitation de notre fondement en Dieu ce qu’on appelle « le secret ».
•Contre l’appel à la magie et à sa toute puissance, il nous désigne l’acceptation de nos limites par un travail quotidien sur soi, aidé par la parole de Dieu qui nous nourrit de l’intérieur.
•Contre la tentation de mettre Dieu au service de nos désirs les plus fous, il nous engage à devenir des serviteurs de la Parole. Une parole qui nous configure à lui.
•Contre la la tentation de sacrifier notre intégrité intérieure, à la volonté de puissance absolue, nous sommes invités à redevenir des adorateurs du Seigneur, en qui seul nous avons le mouvement et l’être.

Merci Jésus de nous apprendre à revêtir notre identité de fils celle que notre Père des cieux a toujours voulu pour notre plein épanouissement.

Bon début de chemin vers Pâques

Père Patrick Anaba
"Notre Père" mars 2020


Discernement et décision

Pour voir l’article du P. Patrick ANABA


Comprendre la fête de tous les saints
ou la sainteté fragile

Pour comprendre la fête de tous les saints, il nous faut revisiter le livre de l’Apocalypse en son chapitre 21, je cite : 
« 01 Alors, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. 02 Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. 03 Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. »
Ces privilégiés aux multiples visages, c’est eux que veut figurer la communauté des chrétiens à travers sa marche pèlerine à travers l’histoire des hommes ; Grâce à l’Esprit saint conféré au baptême et dont vivent les membres.
Mais ils doivent aussi par leur vie, correspondre jour après jour aux promesses de leur baptême, en activant les fruits de cet Esprit de sainteté qui a été déversé en leur cœur. La sainteté est donc d’abord un don, puis un appel. Pour y parvenir l’homme et le chrétien que nous sommes est convoqué à laisser l’esprit de Dieu investir totalement sa vie et ses actions. D’abord, sur le plan théologal (foi, espérance, charité) mais aussi cardinal (prudence, justice, force, tempérance). C’est cette interconnexion entre le théologal et le cardinal que l’Eglise nomme l’héroïcité des vertus.
Toutefois, attention de ne pas confondre sainteté et héroïcité car, le saint n’est pas d’abord un thaumaturge, ni un super-héros.
Le saint se distingue par l’attitude d’une vie marquée par l’amour des autres en général, accompagné du reste des vertus ; et notamment de l’humilité, faisant ainsi également une place à une certaine vulnérabilité.
C’est Jésus le premier qui nous indique le chemin quand il inclut, l’intégration inconditionnelle de la fragilité comme marqueur de l’intimité avec lui, recommandation vive aux antipodes de tout transhumanisme rampant...

Père Patrick Anaba
EPI Novembre 2019 et "Notre Père" n°533 du 3 novembre 2019


40 jours pour se laisser renouveler par la Puissance de la Grâce...
Ouvrir des chemins d’Avenir par la grâce du Pardon...

Le péché sera toujours une laideur qui nous défigure et nous empêche de resplendir de la Gloire du Christ. Mais il est une attitude encore plus malsaine qui consiste à le traquer chez les autres avant de se remettre soi-même en question.
Que de tribunaux sommaires et de recherche de boucs émissaires, que d’accusations, de jugements et de dénigrements à l’endroit de tous ceux qui ont osé ne pas suivre la ligne commune ou qui s’égarent complètement ligotés par leurs limites humaines ?
Nous sentons-nous plus justes, ou plus saints dans l’avilissement de l’autre ? Ou alors sommes-nous blessés de la blessure d’amour quand l’un de nos semblables peine à resplendir de la dignité première de tout enfant de Dieu ?
Que nous dit le péché de l’autre sur notre propre péché ? Comment sommes-nous interpellés par la misère humaine et spirituelle de nos semblables ?
Assurément le pharisaïsme spirituel a encore de beaux jours devant lui, si toutes ces contradictions présentes au sein de nos Eglises, et de notre monde, nous enferment dans des attitudes de suffisance et de lâcheté…
Mais non ! Il est vivant le Christ notre Espérance. Et par la Parole de réconciliation, Parole toujours offerte et jamais condamnatrice, il nous ouvre d’autres possibles. Il nous apprend à mieux nous aimer, à la lumière de sa grâce, et à devenir des libérateurs pour tous ceux de nos semblables qui sont prisonniers de divers fardeaux…
Le péché n’est donc plus le dernier mot de l’histoire. Mais la grâce offerte et salvatrice qui nous remet debout et nous fait repartir.
Gloire à toi Seigneur !

  •  P. Patrick ANABA

    Re-expérimenter en nos vies la puissance des sacrements…

    Effervescence heureuse
    En cette fin d’année pastorale comme à l’accoutumée dans nos paroisses et mouvements d’Eglise, nombre de familles expriment le désir de recevoir des mains de l’Eglise les signes de la foi et de l’union au Christ. En effet, après plusieurs mois de préparation d’un des leurs, le moment est venu de concrétiser cette démarche par un acte formel qui dit aussi l’engagement de Dieu vis-à-vis de chacun de nous, c’est cela le sacrement : un signe sensible qui nous redit que Dieu prend soin de nous et de notre chemin de vie.

    Rassemblements familiaux
    Au cours de ces réjouissances, sont souvent conviés les proches et les amis, car quoi qu’on en dise, les sacrements sont des signes, qui rassemblent et permettent de vivre la communion, non seulement avec le Christ qui nous veut à lui et heureux, mais aussi avec son peuple. C’est l’occasion de revoir un oncle, une tante, un cousin, une cousine, un ami, de faire découvrir à des collègues ce qu’est réellement l’Eglise : une famille qui intègre, qui célèbre, qui promeut la rencontre et le partage de vie. Une famille qui accompagne et ouvre à la joie et à une Vie, qui dépasse les conditionnements ordinaires. Oui pour quelques heures, voire quelques jours, nous sommes transportés hors du temps ordinaire, pour vivre de l’extraordinaire que l’Esprit de Dieu nous donne de vivre.

    Joie partagée de l’Eglise et des familles
    Dans ces célébrations ecclésiales et familiales, est présente une double joie, joie des familles qui vivent du don reçu, joie de L’Eglise qui participe à une mission 2 Des cadeaux à offrir pour les fêtes de la foi d’engendrement par la force de l’Esprit. Ainsi peuvent naître, pour le royaume à venir, des fils et des filles de Dieu qui vont prier et travailler à son avènement dans le quotidien de leur vie.

    Renouvellement de ce monde
    Ce faisant, le monde lui-même est renouvelé, de façon mystérieuse, car par le biais de sacrements célébrés, Dieu continue, par l’Eglise, son œuvre de salut et de recréation du genre humain. Nous voulons transformer le monde à coup de projets et d’actions volontaristes, mais les sacrements nous apprennent que « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; * si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes. » (Ps 126,1). Finalement ce qui est expérimenté dans le fait de célébrer le salut gratuit de Dieu, offert à tous les hommes, c’est de confesser avec St Pierre (2 Pierre 3,13) que ce monde, dans lequel nous vivons, est en marche vers son terme, et que ce terme n’est pas une « apocalypse » malheureuse, mais une recréation vivifiante pour tous. Je cite… « Ce que nous attendons ce sont des cieux nouveaux et une terre nouvelle… où habitera la justice… »
    Père Patrick ANABA
    juin 2021

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    Page mise à jour le 2021-09-26 13:41:39